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Voici un article extrait du site  » Neurocombat « . Neurocombat est un groupe de chercheur qui étudie la violence, et particulièrement la psychologie du rapport agresseur/ agressé:

 

 


Les effets pernicieux du concept de défense.
Le concept de défense — rencontré par ex. dans des expressions comme self-défense, défense personnelle ou légitime défense — incite à envisager l’autoprotection sous un angle « défensif », c’est-à-dire au moyen d’une action nécessairement réactive. Cette perspective suggère implicitement que l’attaque est déjà en cours et qu’il faut y réagir. Ceci tend à accaparer l’esprit sur la partie physique de la confrontation et risque d’enfermer la personne dans le processus violent. Lorsqu’un individu n’est pas attentif à son environnement, ne détecte pas les signes avant-coureurs de la violence, n’évite pas le conflit et ne négocie pas, il risque effectivement de laisser la situation se décomposer jusqu’au combat. Mais il s’agit d’un dénouement à éviter à tout prix.

 

 

La violence est un processus chronologique. L’individu ciblé par un prédateur doit comprendre qu’il dispose lui aussi d’initiative sur chacune des étapes articulées du processus violent, et que cette initiative fait de lui un opérateur actif de A jusqu’à Z. L’enseignement de la protection personnelle, sans abandonner le combat rapproché, doit déplacer le point focal très en amont de l’attaque physique et toujours poser la question suivante : comment en est-on arrivé là ? Et comment en est-on arrivé là avant ? La violence n’apparaît pratiquement jamais sur un mode du tout ou rien. Les attaques imprévisibles existent, mais constituent la minorité des agressions urbaines. Dans la plupart des cas, la violence se durcit par incrémentation progressive, sur la base d’un contexte initial non violent.

 

 

Arrêter la violence

 

  • La force d’arrêt doit être nécessaire. Pour le civil, l’unique objectif est de faire cesser l’exposition à la menace par tous les moyens possibles. La notion des « moyens possibles » comporte une hiérarchie stricte, qui commence par les tactiques préventives (détecter, reconnaître, éviter), se poursuit avec les tactiques verbales et comportementales (négocier, désamorcer, partir) et se termine éventuellement avec les tactiques physiques. Le recours à la force physique s’inscrit donc dans un plan général (stratégie) de mise en sécurité, mais uniquement si tout le reste a échoué. L’utilisation de la force physique n’est jamais le premier choix, mais correspond toujours à une solution de dernière issue.

 

  • La force d’arrêt doit être suffisante. Si on en arrive au point de devoir s’impliquer physiquement (combat) pour s’extraire de la menace, on ne sait jamais a priori jusqu’où l’attaquant est capable d’aller. Dans cette situation, il faut stopper l’ennemi avant qu’il n’ait l’opportunité de gravir les échelons de la force. Un exemple typique de force insuffisante sera une défense maladroite de la part de la victime. L’agresseur, sentant une résistance inattendue montera d’un cran pour récupérer le dessus — par exemple en sortant un cutter de sa poche. Il faut donc disposer d’un arsenal physique efficace qui ne fasse pas les choses à moitié.